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Baudelaire
150e anniversaire de sa disparition

L’année 2017 marque le 150e anniversaire de la disparition de Charles Baudelaire ; Hachette BnF vous emmène dans l’univers du scandaleux poète.

 

« À mon très-cher & très-vénéré maître & ami Théophile Gautier. Bien que je te prie de servir de parrain aux Fleurs du Mal, ne crois pas que je sois assez perdu, assez indigne du nom de poëte pour m’imaginer que ces fleurs maladives méritent ton noble patronage. » - Extrait de la dédicace autographe de Charles Baudelaire à Théophile Gautier, dans Les Fleurs du Mal.

 

Comment évoquer Baudelaire sans s’attarder sur ses « fleurs maladives » tant controversées à leur parution ? Dans cette précieuse édition de 1857, la main du poète introduit son œuvre par un hommage tant à celui dont il se revendique le disciple le plus respectueux et le plus jaloux, qu’à son art. Baudelaire nous transporte « dans les régions éthérées de la véritable poésie », où « le mal n’est pas, non plus que le bien », sans sembler ignorer totalement les réactions à venir de la morale qui lui vaudront d’être poursuivi pour ce recueil.

 

« L’étude du beau est un duel où l’artiste crie de frayeur avant d’être vaincu », écrit Baudelaire dans Le spleen de Paris ou Les Cinquante Petits Poèmes en Prose dévoilant toute la tension qui émane de son projet poétique. Un mot de Baudelaire introduit ce « petit ouvrage », dont le poète se réjouit qu’il n’ait « ni queue ni tête » puisque que chaque fragment peut exister à part entière ; ainsi « nous pouvons couper où nous voulons » la rêverie de l’auteur, le manuscrit ou la lecture.

 

Poème du Haschich et Mangeur d’Opium, dans Les Paradis Artificiels Baudelaire dresse « un tableau des voluptés artificielles ». Dans cet essai, il tisse le lien entre drogue et création poétique, et dépeint « cet état exceptionnel de l’esprit et des sens » qu’il appelle paradisiaque en comparaison « des lourdes ténèbres de l’existence commune et journalière ».

 

Au travers de toutes ces œuvres, qu’il ne manque pas de dédier à ceux qui l’ont inspiré, Charles Baudelaire affiche sa soif de lecture : dans Les Fleurs du Mal, Théophile Gautier devient « l’auteur d’Albertus, de la Comédie de la Mort et d’España » ; dans Le Spleen de Paris, le poète ne cache pas son admiration pour « le fameux Gaspard de la Nuit, d’Aloysius Bertrand » qui lui a soufflé l’idée du présent travail. Charles Baudelaire lit, et traduit aussi. En France, il est le traducteur des Histoires Extraordinaires, des Aventures d'Arthur Gordon Pym et des Histoires Grotesques et Sérieuses d’Edgar Allan Poe.

 

Poète, bien sûr, mais aussi essayiste et traducteur, Charles Baudelaire décède à seulement 46 ans, le 9 avril 1821 : « la mort, qui nous laisse rêver de bonheur et de renommée et qui ne dit ni oui ni non, sort brusquement de son embuscade, et balaye d’un coup d’aile nos plans, nos rêves et les architectures idéales où nous abritions en pensée la gloire de nos dernier jours ! » (Extrait des Paradis Artificiels, édition 1860)

Les fleurs du mal (Éd.1857)
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