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Héroïnes féministes

« Cette révolution ne s’opérera que quand toutes les femmes seront pénétrées de leur déplorable sort, & des droits qu’elles ont perdus dans la société. Soutenez, Madame, une si belle cause ; défendez ce sexe malheureux, et vous aurez bientôt pour vous une moitié du royaume, et le tiers au moins de l’autre. »

 Préface des Droits de la Femme, par Olympe de Gouges.

 

 

1791, cette réponse à la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen s’adresse non pas au roi, mais à la reine, Marie-Antoinette, pour contester le caractère universaliste de la déclaration de 1789. Passé le préambule, c’est pourtant bien l’homme que l’écrivaine interpelle et questionne : « Es-tu capable d’être juste ? […] Dis-moi ? Qui t’a donné le souverain empire d’opprimer mon sexe ? Ta force ? Tes talens [sic] ? »

 

Sur vingt-quatre pages, cette édition d’époque - marquée du tampon « bibliothèque royale » - présente 17 articles qui affirment l’égalité des sexes, et revendiquent la représentation politique des femmes dans un contexte révolutionnaire où les enjeux de la Terreur apparaissent en filigrane : puisque « la femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ».

 

« Vous le voyez bien, amis, je suis capable de tout » ; communarde, anarchiste, s’il en est une qui s’est arrogé le droit de monter à la Tribune, c’est bien Louise Michel. 1886, dans ses mémoires, elle livre ses souvenirs enragés de la Commune et de sa sanglante répression ; au milieu de cette suite d’anecdotes et du récit de moments de bravoures, la pensée de la féministe : « Si l'égalité entre les deux sexes était reconnue, ce serait une fameuse brèche dans la bêtise humaine ».

 

« Le sexe fort descend jusqu’à flatter l’autre en le qualifiant de beau sexe. Il y a fichtre longtemps que nous avons fait justice de cette force-là, et nous sommes pas mal de révoltées » écrit-elle encore, toute entière engagée en faveur des droits de la femme. Maintes fois réédités depuis 1886, il vous est désormais possible de prendre en main le fac-similé de l’édition originale des Mémoires de Louise Michel Écrits Par Elle-Même conservée à la Bibliothèque nationale de France.

 

Louise Michel ; Olympe de Gouges ; Madeleine Pelletier, première femme diplômée en psychiatrie, prônant L’Émancipation Sexuelle de la Femme en 1911, dans son costume d’homme qui contrarie tant ; André Léo, romancière féministe qui adresse sa Marianne – et la critique libertaire du patriarcat qu’elle développe - « à l’attention des lectrices et surtout de ces lectrices de vingt ans qui, en lisant un roman, rêvent de leur propre avenir »… La cause féminine affiche de nombreuses héroïnes qui la portent sous la forme de mémoires, romans, traité, autant d’ouvrages d’une littérature féministe plus que jamais d’actualité.

 

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