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La Divine Comédie
 « Laissez toute espérance en entrant dans l’Enfer »

« Traduttore traditore, traduire, c’est trahir, disent les Italiens ; et le mot est menaçant pour les traducteurs du Dante, qui plonge les traîtres au plus profond de son enfer » - La Divine Comédie de Dante, traduite par Louis Ratisbonne.

 

Dans ce long poème complexe et torturé – la simple mention de tercets enchaînés d’hendécasyllabes pourrait effrayer –, Dante livre un voyage introspectif au travers d’un monde allégorique que l’auteur et narrateur parcourt entre Enfer, Purgatoire et Paradis.

 

Hachette BnF vous propose de découvrir la Divine Comédie au travers de trois éditions qui, chacune à leur façon, se risquent à la tâche colossale de traduire en français l’œuvre initialement écrite dans la langue vernaculaire du Trecento florentin.

 

En 1862, c’est L’Enfer de Dante Alighieri qui est publié selon une traduction en prose de Pier-Angelo Fiorentino. Mais le livre ne se contente pas de cette « traduction simple, ferme et fidèle […] singulièrement perfectionnée par l’habile interprète », elle y ajoute une seconde interprétation du chef d’œuvre de Dante avec les dessins de Gustave Doré. Avec ses œuvres, Le dessinateur de génie s’est appliqué à « transfigurer les conceptions du plus graphique de tous les poètes anciens et modernes ». Cette édition, tout comme les deux suivantes, propose en regard le texte original et mêle donc prose française, vers italiens et dessins.

 

            La divine comédie, illustrations par Gustave Dorée

 

Au XIXe siècle, les lecteurs français qui n’entendent pas l’italien ne connaissent guère Dante qu’en prose. Dans la préface de sa propre traduction, en 1852, Louis Rastibonne le déplore ; « c’est que si toutes les traductions sont de belles ou de laides infidèles, celles que l’on fait d’un poète en prose sont à coup sûr les plus perfides », affirme l’auteur qui entreprend dans les pages qui suivent une transcription en vers. Son travail, couronné par l’Académie Française, est salué par Alphonse de Lamartine lorsqu’il compare les traductions qui existent alors dans son Cours Familier de Littérature. Il écrit :

 

« Un autre jeune traducteur de la Divine Comédie tente en ce moment une œuvre mille fois plus difficile, et, chose plus étonnante encore, il y réussit. […] Malgré le prodigieux effort de talent et de langue nécessaire pour traduire un poète en vers, M. Louis Ratisbonne n’a pas seulement rendu le sens, il a rendu la forme, la couleur, l’accent, le son. Il a communiqué au mètre français la vibration du mètre toscan ».

 

Une édition non moins remarquable – si tant est que la piste évoquée par l’éditeur soit vraie – est celle parue sous le titre de Traduction en Vers, Inédite, de la Divine Comédie de Dante, D’Après un Manuscrit du XVe Siècle. Dans cette édition de 1873, Charles Casati affirme donner des extrait inédits de la plus ancienne des traductions française de Dante ; surtout, il estime sans pouvoir néanmoins le prouver que « différents indices pourraient faire attribuer ce travail à Christine de Pisan ». Sans aucune indication sur son auteur ni aucune introduction, le manuscrit estimé du XVe siècle ne renferme que la traduction de l’Enfer, que Charles Casati entend diffuser tel quel.

 

 « Laissez toute espérance en entrant dans l’Enfer », le vers de Dante (ici traduit par Louis Rastibonne)  semble presque s’adresser directement à ceux qui songeraient à translater son œuvre. 

 

 

L'Enfer de Dante Alighieri
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