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Histoire
Les grèves cheminotes, une histoire française

En 1884 la loi Waldeck-Rousseau reconnait le droit de faire grève et de se syndiquer, c’est le début en France d’une culture syndicale et de luttes qui sont encore présentes aujourd’hui et notamment chez les cheminots. Hachette-BnF vous propose de revenir sur les origines de cette tradition avec plusieurs ouvrages.

 

Les conditions de travail des cheminots à la fin du dix-neuvième siècle sont particulièrement bien décrites dans La bête humaine d’Émile Zola, le maître du naturalisme. Il y dépeint le monde du chemin de fer sur la ligne Paris-Saint-Lazare-Le Havre. On pourrait voir dans ce roman un pré-thriller tant il est sombre et violent. L’alcoolisme, les conditions de travail inhumaines, les drames personnels minutent, au même titre que les passages du train, la vie des personnages. Ils sont sombres et détruits par la vie. D’ailleurs la seule histoire d’amour qui perdure et fonctionne est celle du mécanicien et héros Jacques Lantier et de Suzon, sa locomotive.

 

Au vu des conditions de travail qui y sont décrites, rien d’étonnant à ce que des résistances se soient rapidement mises en place. Hachette-BnF possède un document historique exceptionnel de celles-ci, le Compte-rendu du 18e Congrès national de la Fédération des travailleurs des chemins de fer de France qui s’est tenu en 1907. Il s’agit du compte rendu des actions effectuées par les différentes commissions du syndicat. Elles sont beaucoup plus larges que ce que l’on peut imaginer. On y discute, évidemment, de la journée de 8 heures et des conditions de travail dans les divers corps de métiers mais également de la couleur des timbres pour le financement, du rapport à la presse ainsi que des commentaires sur l’actualité politique du pays.

 

Ces résistances ne se sont pas fait sans répression ou contre-propagande. Dans son ouvrage, Vérité sur la grève des cheminots, paru en 1911, le socialiste et cheminot J. P. GrandVallet retrace le mouvement de 1910. En effet l’automne de cette année-là les cheminots déclenchent leur première grande grève de l’histoire afin d’obtenir des augmentations de salaires. La « grève de la thune » (« thune » désigne alors une pièce de 5 francs) est un succès, si bien que le gouvernement d’Aristide Briand fait appel aux troupes et décide la mobilisation des chemins de fers. L’importance prise par les chemins de fer dans l’économie française est mise en lumière et les syndicats y gagnent en reconnaissance et légitimité chez les travailleurs. En 1919, résultat de cette évolution, la réglementation du travail des mécaniciens, chauffeurs et agents des trains a bien changé comme on peut le voir dans cet ouvrage du syndicat des cheminots alençonnais.

 

Syndicat des cheminots alençonnais Officiel du 9 novembre 1919. Sur la réglementation du
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