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Évolutions et abolition de la peine capitale au XIXe siècle

Si elle n’a été abolie en France qu’en 1981, la peine de mort et ses modalités sont déjà vivement débattues au cours du XIXe siècle. En 1851, les éditeurs du mémorable discours de Victor Hugo contre la peine capitale affirment : « L'abolition de la peine de mort, c'est une des formes les plus saintes de la cause du peuple. Cette cause vient d'être admirablement plaidée et gagnée. [...] La magnifique improvisation du grand orateur restera connue un des cris les plus sublimes du cœur humain et du cœur paternel. [...] Cette affaire mémorable aura fait faire un grand pas à la question humaine. A dater de ce jour, on peut le dire, la peine de mort est abolie dans la conscience universelle. Nous mettons les pièces de ce grand procès sous les yeux du peuple. »

 

Publié en 1789 et « dédié aux États généraux », le Traité philosophique et politique de la peine de mort du juriste italien Camilo Ciamarelli en livre une analyse « dans son origine », « dans le jugement qu'en peut porter la loi naturelle » et « dans son application », puis propose de lui substituer l’ « esclavage perpétuel des coupables », considéré alors comme plus disuasif : « Elle assure la tranquillité des citoyens, elle laisse intacte, jusques dans ses moindres parties, la somme de la population ; elle est un exemple efficace & salutaire ; il en résulte enfin une utilité réelle dans la conservation même du coupable. »

 

Le juriste et historien Louis-François Du Bois écrit en 1843, dans son ouvrage Recherches historiques et physiologiques sur la guillotine et détails sur Sanson : « Puisque la peine de mort subsiste encore dans nos codes criminels, il est juste d'en adoucir l'exécution, d'autant plus que, le juge n'étant pas infaillible, on doit toujours craindre que cette peine irréparable ne soit injustement appliquée. »

 

Du Bois rappelle ainsi le progrès qu’a représenté la guillotine pendant la période révolutionnaire : « Le Code Pénal décrété le 25 septembre 1791 adopta les plus sages réformes. Voici ses articles 2 et 3 : “La peine de mort consistera dans la simple privation de la vie, sans qu'il puisse jamais être exercé aucune torture envers les condamnés. Tout condamné aura la tête tranchée”. Ainsi, la Roue, l'Ecartélement, le Bûcher, la Corde furent supprimés ; la torture fut anéantie avec le luxe d'appareil effroyable qui employait les brodequins, les chevalets, la distension et la dislocation des membres, les tenailles, le fer ardent, le plomb fondu et l'huile bouillante, tels qu'on les employa en 1757, pour le martyre de Damiens, qui pourtant n'avait effleuré Louis XV que d'un coup de canif. »

 

Mais en 1868, l’ouvrage Peines, tortures et supplices décrit de nombreuses formes existantes ou ayant existé de peine de mort et tortures : supplices de Brahmine, de l’arbre, des auges, enterrement du condamné vif, argent fondu, pendaison, etc., dont certaines sont encore en usage aujourd’hui.

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