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Histoire
Le baccalauréat

 

Le 17 mars 1808, un décret impérial instaure l’un des piliers de l’éducation française : le baccalauréat. Il devient ainsi un grade d’État aux côtés de la licence et du doctorat et répond à l’objectif principal de Napoléon : l’étatisation de l’enseignement afin de conférer à la nation une élite administrative et politique par un examen préalable à la poursuite d’études.

 

Néanmoins, le baccalauréat sous l’Empire est bien différent de celui que l’on connaît actuellement. Il se divise initialement en deux catégories : le baccalauréat ès lettres et le baccalauréat ès sciences. Tous deux se composent d’un grand examen oral portant en priorité sur le latin puis sur les fondamentaux de chaque discipline, français dans le premier cas et mathématiques, physique dans le second. Dès les débuts, des différences s’imposent : nul ne peut concourir au baccalauréat ès sciences sans être diplômé du premier. Mais à cette époque, l’école ne dispose pas encore des assises qu’on lui connait. Elle demeure restreinte et cantonnée à une élite de sexe masculin. Julie-Victoire Daubié fut la première femme à obtenir son baccalauréat en 1861. Il faut attendre les grandes lois de l’éducation et la IIIème République pour assister à une massification de l’enseignement.

 

Lors de la première édition du baccalauréat, seuls 31 élèves se rendent à l’examen. L’académie de Paris n’en présente aucun. Peu à peu les réforment se font, les matières se diversifient mais la latinité occupe toujours une place de choix, source de conflits et de discorde avec ses détracteurs. Parmi eux se trouve Frédéric Bastiat, qui publie en 1850 un écrit pamphlétaire intitulé Baccalauréat et socialisme. Partisan d’un libertarisme assumé et d’une diminution flagrante de l’étatisme, Bastiat entend abroger le monopole de l’éducation. Dans cette adresse à l’Assemblée Nationale, il relate les dangers d’un tel examen sur l’entrée des jeunes étudiants dans la vie professionnelle. Il réclame en outre une suppression de son caractère obligatoire et un amendement de la loi. Pour lui, le bac induit des conséquences néfastes : une privation de la liberté individuelle où l’égalité n’est pas admise et un enseignement anachronique fortement imprégné par le latin.

 

Le journaliste et écrivain Jules Vallès quant à lui rédige une longue satire dans son roman autobiographique Le Bachelier en 1881.  Deuxième volet d’une trilogie précédée par l’Enfant en 1879 et suivie de L’Insurgé en 1886, le livre dédié « à ceux qui nourris de grec et de latin sont morts de faim » relate la vie de Valles à travers le personnage de Jacques Vingtras. Après un premier échec au baccalauréat, ce dernier se rend à Paris mais y découvre une vie remplie de misère, de petits boulots et de déboires sentimentaux. Son opposition au bonapartisme se consolide et en 1852 Vallès finit par obtenir son baccalauréat.

 

D’autres auteurs à l’inverse, cherchent à prodiguer des conseils aux étudiants à l’image de Louis Boisard qui rédige un Manuel du baccalauréat de l’enseignement secondaire axé sur la classe de mathématiques élémentaires, physique et chimie. Il y propose de fait les rudiments et fondamentaux utiles à la réussite de tout étudiant. Julien Leblond lui, délivre ses conseils pour la rédaction de la composition de philosophie en 1908 qui s’étalait alors sur une semaine.

Au fur et à mesure, des options sont venues s’agglomérer à l’examen qui revête aujourd’hui un caractère protéiforme loin de susciter l’approbation de tous.

 

Baccalauréat et socialisme, (Éd.1850)
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