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Nouveauté
150 ans de la Commune : récits personnels de l’an 1871

Le 18 mars 1871 est proclamée la Commune de Paris. À l’occasion du 150ème anniversaire de l’insurrection, Hachette-BnF vous propose de revivre les moments forts de 1871 grâce à la lecture de carnets de bord des contemporains.

 

Le Journal du siège par un bourgeois de Paris, tenu par Jacques-Henry Paradis témoigne des mois éprouvants qu’ont endurés les Parisiens avant l’éclatement de la révolte. « Les rats commencent, paraît-il, à être fort appréciés. La chasse est ouverte, et, hier matin, un véritable marché aux rongeurs se tenait sur la place de l’Hôtel de ville » écrit l’auteur. La capitale semble vivre une lente agonie : « On sent que chaque heure qui s’écoule emporte un lambeau, une parcelle de vie à cette pauvre ville ».

 

Le 18 mars, Edouard Prampain, père au Collège de Vaugirard, assiste à un massacre de manifestants assaillis de coups de feu par la garde nationale. Il le rapporte dans Souvenirs de Vaugirard : mon journal pendant le Siège et la Commune: « Les blessés et les morts jonchent la rue de la paix ; nous aidons à relever les victimes ».

 

Côté communard, le discours est plus exalté, Jean Allemane raconte dans Mémoires d'un communard, des barricades au bagne s’être écrié : « Ce canon appartient au peuple, et je le reprends ! Allons citoyens, qui m’aime me suive ». Fait prisonnier à la fin des évènements, il affirme que « cela valait qu’on affronta la mort ou le bagne ». D’autres journaux de communards condamnés par la suite sont disponibles sur Hachette-BnF, on pense notamment à Commune de Louise Michel qui couvre jusqu’à sa peine au bagne de Nouvelle-Calédonie.

 

Les récits de la Semaine Sanglante sont aussi frappants. Dans La Commune : journal d’un vaincu, Marc-Amédée Gromier donne un aperçu de ce qu’endurent les riverains en ce mois de mai : « La rue est jonchée de morts et d’épaves de toutes sortes. Nos carreaux sont brisés. Un boulet a écorné mon balcon ». Les Huits journées de mai derrière les barricades de Prosper Olivier Lissagaray cristallisent l’horreur : « Voilà ces journées de force et de carnage, la plus grande éclipse de civilisation qui, depuis les Césars, ait obscurci le monde ».

Journal du siège, 1870 -1871 (Éd.1872)
Journal du siège, 1870 -1871 (...
Souvenirs de Vaugirard, mon journal pendant le siège et pendant la Commune, 1870-1871, (Éd.1887)
Souvenirs de Vaugirard, mon...