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Histoire des quarantaines

Diverses périodes épidémiques ont jalonné les époques en France, depuis le Moyen Âge jusqu’à aujourd’hui. Parmi ces épidémies :  la peste, le choléra, la grippe espagnole ont provoqué des centaines de milliers de morts, obligeant parfois l’État français à imposer des mesures de quarantaine à sa population - seul moyen pour endiguer des épidémies mortelles. Une condition de cloisonnement qui provoqua parfois une vive opposition.

 

À la fin du XIVe siècle, à la suite des ravages de la peste noire, le système de quarantaine devient la base d’un système de prévention contre les épidémies venues du Proche-Orient et d’Afrique du Nord. En effet, dans le cadre du développement du commerce triangulaire et de ses mouvements de populations, la quarantaine devient le seul moyen de prévenir des épidémies venant de l’étranger. La première quarantaine d’Europe s'établit en 1377 dans le port de Raguse, en Croatie. On voit alors la construction de différents lazarets dans diverses villes méditerranéennes, servant à accueillir les voyageurs suspectés de peste. Ce système de mise à l’écart se développe et se perfectionne au travers des époques grâce aux progrès de la science, mais devient de plus en plus restrictif dans le cadre d’une mondialisation accrue et des épidémies de plus en plus destructrices.

En 1900, le Dr G. Kobler, dans son ouvrage Sur les quarantaines dans les foyers épidémiques décrit ainsi une procédure sanitaire à adopter en cas d’épidémie : constatation en temps utile des personnes et objets infectés, isolement des malades, désinfection radicale des personnes et objets infectés.

 

Mais dans l’histoire des crises sanitaires, les mesures sanitaires, pourtant nécessaires, imposées par les gouvernements, ont parfois rencontré de vives oppositions.

En 1806, alors que la fièvre jaune fait rage en Espagne, la Suède, qui développe ses échanges commerciaux avec l’Espagne, décrète une nouvelle législation qui durçit les sanctions imposées en cas de non-respect de la quarantaine dans la station sanitaire de Känsö. Dans le même temps, les oppositions à ce système de quarantaine se multiplient à mesure que le commerce inter-pays s’amplifie. En 1851, une conférence sanitaire internationale s’organise pour trouver conjointement un moyen d’endiguer les maladies importées (en l'occurrence : la peste) tout en ménageant le commerce. Antoine-Barthélémy Clot, dans Coup d’oeil sur la peste et les quarantaines : à l’occasion du congrès (ed 1851) retrace les conditions dans lesquelles ce congrès historique s’est déroulé.

 

Une multitude de conférences comme celle-ci vont avoir lieu dans les années qui suivent, avec toujours un difficile équilibre entre les intérêts économiques et les intérêts sociaux.

Hors du contexte commercial, ce sont les pèlerinages qui préoccupent les autorités sanitaires. C’est à la suite de l’épidémie de choléra qui survint en 1865 en Europe que le contrôle sanitaire fût renforcé pour les pèlerins. En effet, on avait tenu pour responsables de cette nouvelle catastrophe sanitaire les musulmans de retour du pèlerinage à La Mecque.

 

Dans son Rapport sur les progrès de la médecine en France, Jules Blécard fait état des progrès qu’a connu la médecine au cours de XIXème siècle, siècle qui a marqué un véritable tournant dans l’histoire de la médecine. Ces progrès n’ont cessé depuis la parution de l’ouvrage en 1867. Si grâce aux progrès de la médecine, les épidémies sont davantage freinées par des découvertes de plus en plus rapides de vaccins, la quarantaine, bien qu’étant restriction absolue des libertés individuelles, reste un moyen privilégié et applicable dans des sociétés où cette même liberté individuelle est une valeur fondamentale.

 

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