Vous êtes ici
Nouveauté
La mode : de l’art de vivre à son imaginaire

La mode est historiquement une façon de vivre selon son rang, puis, par glissement de se vêtir de manière à répondre aux critères esthétiques du moment.

 

Eugénie Foa a fait de l’idée de La femme à la mode le cœur de son roman éponyme publié en 1834. Elle y parle de l’importance du mariage pour les jeunes filles, de mondanités, mais surtout de cette volonté d’être en vue. Elle commence, dans la bouche de son personnage par décrire la femme à mode par son savoir-vivre « il faut être jeune, riche, avoir un état de maison, donner souvent à diner ». Mais de ce savoir-vivre découle très vite un savoir-être et un art de s’habiller comme le montre ce portrait d’une femme en vogue sur qui tous les regards sont braqués à l’Opéra : « Elle avait une robe de satin blanc, relevée aux genoux par un gros nœud de satin blanc avec une jupe de satin rose en dessous ; point de collier : une belle toque à plumes blanches, posée un peu de côté sur ses beaux cheveux blonds ; un éventail gothique à la main. » On sent bien dans son ouvrage une critique sous-jacente de l’obsession des jeunes filles naïves : être à la mode, faire un bon mariage pour porter de belles tenues : c’est être heureuse.

 

À partir du XIXème siècle, derrière ces fastueuses toilettes, se crée tout un « monde de la mode » et de son savoir-faire. C’est le décor que choisit Marie Poitevin en 1904 pour sa comédie en un acte Chez le couturier. A travers les personnages, c’est tout un commerce qui surgit : « première », « essayeuse », « corsetière », « jupière » se pressent pour servir la cliente de marque du « grand couturier » M.Jules. Mme Vanderbill est venue exprès d’Amérique trouver chez lui une robe assez somptueuse pour être présentée à la reine d’Angleterre la semaine suivante. Le but est clair : elle doit faire la une des journaux. C’est donc déjà un système de médiatisation par l’apparence qui se met en place, un système qui nous est bien familier...

 

Mais la mode n’est pas qu’une histoire de femmes ! Eugène Marsan nous rappelle toute la bonne éducation qui se cache derrière le choix d’un accoutrement dans Savoir vivre en France et savoir s'habiller, en 1926 . « Tu portes la civilité sur la tête », dit-il à propos des chapeaux. Il rappelle devant qui l’enlever, ou le mettre, non sans une touche d’humour. Au-delà de la description de ces protocoles, il conceptualise le sujet en soulignant le caractère temporaire des esthétiques et des usages : en 30 ans les femmes sont passées de la violence des corsets à la facilité de passer une robe taille basse...et elles n’en sont pas moins belles !

La Femme à la mode
La Femme à la mode
Chez le couturier, comédie en un acte
Chez le couturier, comédie en...