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Les principes de la laïcité

L’article 10 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen du 26 août 1789 affirmait que “Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi”. Mais c’est seulement à la fin du XIXème siècle qu’émerge une volonté républicaine d’unir la patrie autour du principe de laïcité, remettant ainsi en cause la place du pouvoir ecclésiastique au sein de la société française.

 

Au cours du XIXème siècle, la question de l’éducation est au centre des préoccupations politiques. Jusqu’ici, l’Église catholique supervisait l’éducation des jeunes Français. Mais dès 1850, à l’occasion de la mise en place de la loi Falloux, qui donne une grande place à l'enseignement confessionnel dans le primaire et dans le secondaire, Victor Hugo va le premier exprimer son désaccord en promouvant un enseignement laïc. Il sera suivi 30 ans plus tard par Jules Ferry, qui à la suite d’une longue bataille et de discours rendus célèbres, comme celui prononcé devant le Sénat les 5 et 6 mars 1880, parvint à rendre l’école obligatoire, gratuite et laïque pour les enfants des deux sexes, âgés de 6 à 13 ans, par la loi du 28 mars 1882. 

 

Mais le débat sur la laïcité dépasse les frontières de l’éducation. Jusqu’à devenir un réel enjeu au sein de la société - un enjeu qui divise. D’un côté, les républicains veulent réunir la patrie autour du principe commun de la laïcité. “Soyez laïques, soyez modernes”, peut-on lire dans une brochure de propagande républicaine. De l’autre côté, l’Église catholique, soutenue par la droite conservatrice, s’inquiète de voir son autorité et son influence remises en cause. L’aspect économique l’inquiète également, et sert d’argument aux conservateurs qui posent la question du financement des actions de charité opérées par le clergé, qui profitent directement au peuple français et à la République. 

 

De ce débat politique naît également un débat philosophique. Herbert Spencer, philosophe et sociologue anglais, met en avant une “morale laïque”, qui serait la base du concept “de la conduite droite”, c’est-à-dire la conduite à suivre par la patrie et ses membres. Le philosophe Emile Beaussire commente la théorie d’Herbert Spencer dans La Morale laïque, examen de la morale évolutionniste de M. Herbert Spencer en 1881.

 

Finalement, à l’initiative de Jean Jaurès et d’Aristide, la loi de séparation de l’Église et de l’État, qui proclame dans l'article deux que "La République ne reconnaît, ni ne salarie, ni ne subventionne aucun culte", est votée par la Chambre des Députés le 3 juillet 1905 par 341 voix pour et 233 contre. Malgré de nombreuses résistances, elle entre en vigueur le 1er janvier 1906. Aristide Briand explique dans son ouvrage La séparation : discussion de la loi (1904-1905) le contexte dans lequel cette loi a été votée.

 

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