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Penser la démocratie américaine

 

Comptes twitter bloqués, scrutins contestés, Capitole attaqué : la première nation moderne à avoir adopté une Constitution semble avoir quelques difficultés à fédérer et à se penser. En 1787, le « Peuple des États-Unis » avait inscrit dans le préambule de son texte fondateur qu’il s’assurerait « des bienfaits de la liberté » pour lui-même et pour sa « postérité ». Aujourd’hui ladite postérité ne semble pas unanime sur cette définition de la liberté. C’est l’occasion de se replonger dans des analyses politiques qui nous permettent, de l’autre côté de l’Atlantique, de comprendre et concevoir les paradoxes historiques qu’affrontent les américains.

 

Michel Chevalier en 1849 dans La liberté aux Etats-Unis fait une analyse critique de la possibilité pour le citoyen de mener à bien ses actes. Il insiste sur le regard que l’américain lambda porte sur ses libertés et non sur l’idée conceptualisée par les institutions. L’économiste et journaliste français, qui s’est rendu aux États-Unis quelques années auparavant pour dresser un portrait des avancées de la nation à Adolphe Thiers, questionne le concept dans les colonnes de La Revue des deux mondes. Il revient notamment sur le fait que ce pays a inspiré l’avenir du nôtre : « Cette grande et florissante république démocratique est notre modèle officiel depuis la révolution de Février. »

 

On peut se glisser davantage dans les conceptions de l’Américain type grâce à une série d’articles rédigés par Théodore Roosevelt lui-même et publiés ensemble en 1904 sous le titre de L'idéal américain. Les écrits du président emblématique aident le lecteur français à déchiffrer les mystères des jugements et sentiments des citoyens américains qui, malgré leurs origines divergentes et la diversité de leur territoire, ont décidé d’adhérer au même projet démocratique. L’auteur, pur produit de son pays, élevé dans les ranches, devenu businessman puis politique éminent conçoit la liberté comme un instrument sacré servant à s’élever, à œuvrer pour le bien et le développement individuel utile. Il rejette les autres formes de libertés qui iraient à contre-courant de cette dernière car elles pourraient mener à une forme d’anarchie.

 

On peut enfin contraster cet idéal de démocratie avec un ouvrage bien nommé de David Jayne Hill paru en 1918 : La crise de la démocratie aux États-Unis. L’universitaire et diplomate américain met en exergue une incompatibilité majeure du régime de la nation entre la liberté individuelle inviolable et la sauvegarde de l’Etat.

La liberté aux États-Unis
La liberté aux États-Unis
L'idéal américain
L'idéal américain...