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Histoire
Sir Wilfrid Laurier, premier Premier ministre francophone du Canada (1896-1911)

Décédé le 17 février 1919 à Ottawa, Wilfrid Laurier aura marqué au fer l’Histoire canadienne en devenant le Premier francophone à accéder au poste de Premier ministre.

Henri-Désiré Moreau lui consacre son livre Sir Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada (Édition 1902). Il retrace son parcours et lui rend hommage.

 

« En ces quelques lignes, juste et déférent hommage à l’imposante renommée d’une âme supérieure, se déroule la glorieuse ascension d’un nom qui compte parmi ceux que l’élite mondiale se fait honneur de citer ; d’un nom qui, popularisé par l’éloquence, n’a cessé de grandir avec le temps ; de votre nom, sir Wilfrid Laurier, devenu sur le sol de vos ancêtres le symbole des plus nobles facultés. »

 

Wilfrid Laurier nait le 20 novembre 1841 au Québec, dans la ville de Saint-Lin-de-Lachenaie. Il réussit brillament ses études de droit à l’université de MacGill, où il rencontre l’Institut canadien, une entité constituée de jeunes libérés qui souhaitent démocratiser le savoir et la culture. Il tente une carrière d’avocat mais va sans tarder se diriger vers la politique, en intégrant le Parti libéral qu’il ne quittera jamais.

 

 

Wilfrid Laurier gravit peu à peu les échelons politiques : maire, préfet, puis parlementaires, cette ascension n’est pas exempte de difficultés car le Parti libéral souffre d’une faible popularité. Cependant, sa « lutte acharnée [en faveur du libéralisme] met en lumière les qualités de persévérance et d’énergie du leader libéral qui tient ferme le drapeau de l’opposition et développe dans une trame savante et sévère les arguments qui lui semblent s’imposer ». Il se présente aux élections fédérales, soutenu par Edward Blake qui l’a nommé comme chef du Parti libéral.

 

Enfin, la consécration : le 23 juin 1896 il est nommé Premier ministre. Il conservera ce poste durant 15 ans sans interruptions.

 

« En ce nouveau poste, il se montrera le champion de la liberté et du respect des lois, mais il fera surtout et avant tout preuve de personnalité. »

 

Pendant ces années, il adopte une stratégie de compromis, de dialogues et de diplomatie. Il promeut le commerce, construit des chemins de fer transcontinentaux, développe l’agriculture (notamment avec une politique favorable à l’immigration) et crée de nouvelles provinces.

Le Canada prend peu à peu son indépendance de l’emprise britannique afin de devenir une nation à part entière tout en maintenant de bonne relation avec le Royaume-Uni. Ainsi le Canada s’affirme, et cela notamment avec une politique de libre-échange et de rapprochement avec les Etats-Unis.

 

« Je suis sûr que, sous l’influence bienfaisante de la discussion et de meilleurs sentiments des deux côtés de la frontière, l’hostilité qui gronde sourdement, le long de nos frontières, disparaîtra. Les barrières qui entravent maintenant notre commerce s’ouvriront toutes grandes et par toutes les avenues du nord s’échappera le commerce libre, sans entraves, sans crainte d’embarras et de provocations.

 

La popularité de cette formule de réciprocité illimitée, adoptée par le parti libéral, était appelée à s’accroître. » Il est surnommé le grand conciliateur.

 

« Au seuil du vingtième siècle, sir Wilfrid Laurier, vous ouvrez à la race canadienne-française les portes de l’avenir et de l’espérance. L’Angleterre vous observe, la France vous comprend, vous admire et vous remercie ».

Sir Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada
Sir Wilfrid Laurier, premier...