Vous êtes ici
Nouveauté
Chansons populaires françaises

Alors que s’ouvre la saison des festivals et que l’on vient de célébrer la fête de musique, revenons sur l’ancrage profond de la forme de la chanson sur le territoire français.

 

Cet héritage de la chanson a été analysé et théorisé par Charles Nisard dans Des chansons populaires chez les anciens et chez les Français : essai historique suivi d'une étude sur la chanson des rues contemporaine en 1867. Chargé par la police d’alors de faire un état de la littérature de colportage, il acquiert de grandes connaissances sur le sujet : « La chanson a cela de propre, qu'elle est de tous les genres de littérature celui qui se cultive principalement en vue du peuple, et qui lui est toujours familier. .... toutes les chansons qui, de tout temps, se sont fabriquées à paris, ont couru la France entière et y ont obtenu la même faveur. »

 

Fervent défenseur de la langue d’oc, Albert Tournier rassemble dans Chants des félibres et des cigaliers, paru en 1886, plusieurs textes qui donne à voir un portrait poétique de la Provence : « Sous les marronniers du parc de Sceaux, comme sous / les figuiers de la Barthelasse, aux bords de la Seine / comme sur les rives du Rhône, dès que le soleil de Mai / fait fleurir les roses, les Félibres s'assemblent pour chanter, / verre en main, le renouveau de la nature et la joie de vivre. / C'est alors, quand le vin papal de Châteauneuf pétille / dans la coupe symbolique, qu'après les brindes chaleureux, les chansons, tantôt mélancoliques et amoureuses, / tantôt joyeuses et plaisantes, les refrains répétés en choeur / résonnent, pendant des heures entières, allumant au coeur / de tous l'enthousiasme et l'allégresse. »

 

Les chants populaires de la Haute-Bretagne collectés par un Guérandais, laissent aussi une large place au récit : « Ce sont le filles de la Rochelle / Qu'eut fait faire un armement / All's ont fait bâtir corsaire / Pour aller dans le levant / J'ai mal aux dents / Ah que l'amour me domine / Y a longtemps / All' sont fait bâtir corsaire / Pour aller dans le levant / Le capitaine qui les commande / C'est le roi des bons enfants / J'ai mal aux dents / Ah que l'amour me domine / Y a longtemps. / Le capitaine qui les commande / C'est le roi des. bons enfants / Et les gabiers d'la grand' hue / Sont des filles de vingt ans. »

 

En régions, les chansons peuvent aussi se faire le témoin de moments historiques comme toute une partie des Chansons populaires de l’Ain dictées par Jeanne Vugnon, on y croise notamment le récit taquin du mariage arrangé d’une française et d’un « maudit anglais ».

Des chansons populaires chez les anciens et chez les Français T. 2 (Éd.1867)
Des chansons populaires chez...
Chansonnier provençal. Chants des félibres et des cigaliers. (23 décembre 1886.) (Éd.1887)
Chansonnier provençal. Chants...