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Pas de quatre

La journée internationale de la danse aura lieu le 29 avril. De nombreuses manifestations culturelles auront lieu pour célébrer cet art universel, et rassembler les populations autour de ce mode d’expression. Dès 1623, François de Lauze souligne les qualités sportives de la danse, dans son Apologie de la danse et la parfaicte méthode de l’enseigner tant aux cavaliers qu’aux dames : « Sénèque dit, que si la nature nous a donné l’être nous sommes redevables à l’étude de la vertu du bien-être; & j’ose sans rougir enchérir là-dessus que le seul exercice de la danse peut non seulement arracher les mauvaises actions qu’une négligente nourriture aurait enracinée, mais donner encore un maintien & une grâce que nous disons entregent, & que je peux appeler proprement le bel être, chose tout à fait nécessaire à quiconque veut rendre son port & son abord agréable à tout le monde. ». Une centaine d’années plus tard, Louis de Cahusac, le librettiste de Jean-Philippe Rameau, parle du caractère naturel de se mouvoir, du fait de danser « L’Homme a eu des sensations au premier moment qu’il a respiré, & les sons de la voix, le jeu des traits du visage, les mouvements du corps ont été seuls les expressions ce qu’il a senti. Il y a naturellement dans la voix des sons de plaisir & de douleur, de colère & de tendresse, d’affliction & de joie. Il y a de même dans les mouvements du visage & du corps, des gestes de tous ces caractères ; les uns ont été les sources primitives du Chant, & les autres de la Danse. C’est là ce langage universel entendu par toutes les Nations & par les animaux même ; parce qu’il est antérieur à toutes les conventions, & naturel à tous les êtres qui respirent sur la terre. [...] Le corps fut paisible ou s’agita, les yeux s’enflammèrent ou s’éteignirent ; le visage se colora ou pâlit ; les bras s’ouvrirent ou se fermèrent, s’élevèrent vers le ciel ou retombèrent vers la terre ; les pieds formèrent des pas lents ou rapides ; tout le corps enfin répondit par des positions, des attitudes, des sauts, des ébranlements aux sons dont l’âme peignait ses mouvements. ». La date du 29 avril n’est pas anodine : en effet, il s’agit de la date de naissance de Jean-Georges Noverre, considéré comme le père du ballet moderne. En 1760, il parle d’ailleurs de son art avec poésie : « Un Ballet est un tableau, la Scène est la toile, les mouvements mécaniques des figurants sont les couleurs, leur physionomie est, si j’ose m’exprimer ainsi, le pinceau, l’ensemble & la vivacité des Scènes, le choix de la Musique, la décoration & le costume en sont le coloris ; enfin, le Compositeur est le Peintre. ».

Apologie de la danse et la parfaicte méthode de l'enseigner tant aux cavaliers qu'aux dames
Apologie de la danse et la...
La danse ancienne et moderne, ou Traité historique de la danse. T. 3 (Éd.1754)
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